En bref — En micro-entreprise, vous déclarez chaque année vos revenus au fisc sur votre déclaration de revenus 2042, complétée de l’annexe 2042-C-PRO : la déclaration 2026 porte sur vos revenus 2025. Cette déclaration est obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs, même à zéro et même si vous avez opté pour le versement libératoire. Le principe est simple : vous portez votre chiffre d’affaires brut, sans rien déduire, et l’administration applique automatiquement l’abattement forfaitaire correspondant à votre activité (71 %, 50 %, 34 % ou 30 %). La case à remplir dépend de deux choses : la nature de votre activité (vente, service, libéral) et le fait d’avoir opté ou non pour le versement libératoire. Sans versement libératoire, vous remplissez une case du type 5KO, 5KP ou 5HQ ; avec versement libératoire, vous indiquez votre chiffre d’affaires dans les cases 5TA, 5TB ou 5TE, qui servent alors uniquement à calculer votre taux d’imposition — sans double imposition. Ce guide détaille chaque case, sources officielles à l’appui.
Sommaire
- Deux déclarations à ne pas confondre : URSSAF et impôts
- La 2042-C-PRO en bref : ce que c’est et pour qui
- La règle d’or : vous déclarez votre chiffre d’affaires brut
- Sans versement libératoire : les cases du régime classique
- Avec versement libératoire : les cases 5TA, 5TB, 5TE
- Quand et où déclarer ?
- Les erreurs fréquentes à éviter
- FAQ — Vos questions sur la déclaration
- Sources officielles consultées
Deux déclarations à ne pas confondre : URSSAF et impôts
Quand j’accompagnais des indépendants à l’URSSAF, une confusion revenait sans cesse : celle entre la déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF et la déclaration de revenus aux impôts. Ce sont deux obligations distinctes, avec des interlocuteurs, des rythmes et des finalités différents.
La première, la déclaration à l’URSSAF, est celle que vous effectuez chaque mois ou chaque trimestre pour calculer vos cotisations sociales. C’est votre volet social. Si c’est ce point qui vous occupe, notre guide dédié explique comment déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF pas à pas.
La seconde, celle qui nous intéresse ici, est la déclaration de revenus annuelle aux impôts. Elle sert à calculer votre impôt sur le revenu. Elle se fait une fois par an, au printemps, et concerne l’ensemble des revenus de votre foyer fiscal — vos revenus de micro-entrepreneur en font partie. C’est sur cette déclaration, et plus précisément sur l’annexe 2042-C-PRO, que porte tout ce guide.
Retenez donc bien la distinction : déclarer à l’URSSAF ne vous dispense jamais de déclarer aux impôts, et inversement. Ce sont deux gestes séparés, tous deux obligatoires.
La 2042-C-PRO en bref : ce que c’est et pour qui
La 2042-C-PRO est une annexe à la déclaration de revenus classique, la 2042. Son intitulé complet est « déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées ». C’est le formulaire prévu, entre autres, pour les revenus des micro-entrepreneurs.
Concrètement, lorsque vous déclarez vos revenus en ligne sur impots.gouv.fr, vous cochez, à l’étape des rubriques, la case indiquant que vous exercez une activité non salariée. L’annexe 2042-C-PRO s’ajoute alors automatiquement à votre parcours, et c’est là que vous porterez votre chiffre d’affaires.
Un point essentiel, et souvent mal compris : cette déclaration est obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs. Elle l’est même si votre chiffre d’affaires a été nul sur l’année, et elle l’est aussi si vous avez opté pour le versement libératoire de l’impôt. Beaucoup pensent, à tort, qu’avoir choisi le versement libératoire les dispense de cette déclaration : ce n’est pas le cas. Nous verrons plus loin que la déclaration reste indispensable, ne serait-ce que pour calculer correctement le taux d’imposition de votre foyer.
Rappelons enfin le principe de décalage d’un an : la déclaration 2026 porte sur les revenus encaissés en 2025. Vous déclarez au printemps 2026 ce que vous avez gagné au cours de l’année civile précédente.
La règle d’or : vous déclarez votre chiffre d’affaires brut
Voici la règle la plus importante de tout ce guide, et celle qui provoque le plus d’erreurs : vous déclarez votre chiffre d’affaires brut, sans rien déduire.
En micro-entreprise, vous ne calculez pas vous-même de bénéfice, ni de charges déductibles. Vous indiquez simplement le montant total de vos recettes de l’année — vos encaissements bruts. C’est ensuite l’administration fiscale qui applique automatiquement un abattement forfaitaire pour tenir compte, de manière forfaitaire, de vos frais professionnels. Vous n’avez donc surtout pas à retrancher cet abattement vous-même : si vous le faisiez, l’abattement serait compté deux fois, et votre impôt serait sous-évalué.
Le taux de cet abattement dépend de la nature de votre activité :
| Nature de l’activité | Abattement appliqué |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises et fourniture de logement (BIC) | 71 % |
| Loueurs en meublés de tourisme classés et chambres d’hôtes | 50 % |
| Prestations de services relevant des BIC | 50 % |
| Activités libérales et prestations de services (BNC) | 34 % |
| Loueurs en meublés de tourisme non classés | 30 % |
Deux précisions utiles. D’abord, l’abattement ne peut jamais être inférieur à un minimum de 305 € (porté à 610 € si vous exercez plusieurs activités). Ensuite, votre revenu imposable correspond à votre chiffre d’affaires brut diminué de l’abattement : c’est ce montant net qui vient s’ajouter aux autres revenus de votre foyer et qui est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, via le prélèvement à la source.
Un exemple pour fixer les idées : une graphiste (activité libérale, BNC) qui a encaissé 30 000 € en 2025 déclare bien 30 000 € dans la case prévue. L’administration applique l’abattement de 34 %, soit 10 200 €, et retient un revenu imposable de 19 800 €, ajouté aux éventuels autres revenus du foyer. Elle n’a rien à calculer de son côté : elle porte son chiffre d’affaires brut, un point c’est tout.
Sans versement libératoire : les cases du régime classique
Si vous n’avez pas opté pour le versement libératoire de l’impôt — c’est le cas de la majorité des micro-entrepreneurs, souvent appelé « régime classique » —, vous portez votre chiffre d’affaires brut dans la case correspondant à la nature de votre activité, à l’étape 3 de la déclaration en ligne.
Voici les principales cases, telles qu’elles apparaissent dans les rubriques du formulaire :
Revenus industriels et commerciaux professionnels (BIC pro) :
- 5KO — vente de marchandises et fourniture de logement ;
- 5KP — prestations de service et locations meublées professionnelles.
Revenus industriels et commerciaux non professionnels (BIC non pro) :
- 5NO — vente de marchandises et fourniture de logement ;
- 5NP — prestations de services.
Locations meublées non professionnelles :
- 5NG — chambres d’hôtes et meublés de tourisme classés ;
- 5NH — meublés de tourisme non classés ;
- 5NI — autres locations meublées.
Revenus non commerciaux professionnels (BNC pro) :
- 5HQ — activités libérales et prestations de services relevant des bénéfices non commerciaux.
Comment savoir quelle case vous concerne ? Partez de votre activité. Un artisan qui vend des objets qu’il fabrique, ou un commerçant qui revend des marchandises, relève des BIC en vente : ce sera la case 5KO. Un plombier, un coiffeur ou un traiteur, qui rend des services de nature commerciale ou artisanale, relève des BIC en services : case 5KP. Une consultante, une graphiste, un traducteur, un développeur indépendant exercent une activité libérale relevant des BNC : c’est la case 5HQ.
Dans tous les cas, vous inscrivez le montant brut de votre chiffre d’affaires, sans abattement. Le fisc s’occupe du reste.
Avec versement libératoire : les cases 5TA, 5TB, 5TE
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est une option qui permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations sociales, sous la forme d’un pourcentage prélevé directement sur votre chiffre d’affaires, à chaque déclaration à l’URSSAF. Si vous avez choisi cette option, votre impôt de micro-entrepreneur a donc déjà été payé au fil de l’année.
Mais attention, et c’est le point que beaucoup ignorent : vous devez tout de même déclarer votre chiffre d’affaires sur la 2042-C-PRO. La déclaration ne disparaît pas ; seule la case change.
À l’étape 3 de la déclaration en ligne, vous ne remplissez pas les cases du régime classique. Vous sélectionnez d’abord la ligne intitulée « micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire », puis vous inscrivez votre chiffre d’affaires dans la case correspondant à votre activité :
- 5TA — vente de marchandises et fourniture de logement ;
- 5TB — prestations de service relevant des BIC ;
- 5TE — activités libérales et prestations de services relevant des BNC.
Pourquoi cette déclaration reste-t-elle nécessaire, puisque l’impôt a déjà été prélevé ? Parce que ces montants servent uniquement à calculer le taux moyen d’imposition de votre foyer. Autrement dit, votre chiffre d’affaires soumis au versement libératoire est pris en compte pour déterminer le taux d’impôt applicable aux autres revenus de votre foyer (salaires d’un conjoint, revenus fonciers, etc.). En revanche, il n’est pas imposé une seconde fois : la micro a déjà été fiscalisée par le versement libératoire. Il n’y a donc pas de double imposition — c’est justement pour l’éviter que ces cases spécifiques existent.
Si vous hésitez encore sur ce dispositif, ou si vous vous demandez s’il est avantageux dans votre situation, notre guide dédié détaille les taux (1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l’activité), les conditions d’éligibilité et les cas où le versement libératoire est réellement intéressant.
Quand et où déclarer ?
La déclaration de revenus se fait au printemps, dans le cadre de la campagne annuelle organisée par l’administration fiscale. Les dates limites varient selon votre zone de résidence (les départements sont répartis en plusieurs groupes, avec des échéances échelonnées) et selon que vous déclarez en ligne ou, dans les cas encore autorisés, sur papier.
Je préfère ne pas avancer de date précise ici : le calendrier est fixé chaque année et peut évoluer. Le réflexe fiable est de consulter le calendrier officiel publié sur impots.gouv.fr, qui indique la date limite correspondant à votre département.
Pour la déclaration elle-même, tout se passe en ligne, depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Une fois connecté, vous accédez à votre déclaration préremplie ; c’est à l’étape des rubriques que vous cochez votre activité non salariée pour faire apparaître l’annexe 2042-C-PRO, puis à l’étape 3 que vous saisissez votre chiffre d’affaires dans la bonne case.
Enfin, gardez à l’esprit que le montant de votre chiffre d’affaires déclaré ici doit être cohérent avec ce que vous avez déclaré à l’URSSAF sur l’année. Une divergence entre les deux peut attirer l’attention de l’administration. Le point de départ commun, dans les deux cas, reste le total de vos encaissements — d’où l’importance de tenir un suivi rigoureux tout au long de l’année.
Les erreurs fréquentes à éviter
Au fil des années, j’ai vu revenir toujours les mêmes erreurs. Les connaître, c’est déjà les éviter.
- Déduire soi-même l’abattement. C’est de loin l’erreur la plus courante. On déclare son chiffre d’affaires « net » après avoir retiré 34 % ou 50 %, en croyant bien faire. Résultat : l’abattement est compté deux fois. Déclarez toujours le montant brut.
- Se croire dispensé de déclaration avec le versement libératoire. Nous l’avons vu : l’option ne supprime pas la déclaration, elle change seulement la case (5TA, 5TB ou 5TE). Ne rien déclarer, c’est fausser le calcul du taux d’imposition de votre foyer.
- Ne rien déclarer parce que le chiffre d’affaires est nul. La déclaration reste obligatoire, même à zéro. Une année sans recette se déclare, avec un montant de 0.
- Se tromper de case entre vente et services. Vente de marchandises et prestations de services ne relèvent pas des mêmes cases ni des mêmes abattements. Vérifiez bien la nature exacte de votre activité avant de saisir.
- Confondre revenu et chiffre d’affaires pour apprécier les seuils. Pour savoir si vous restez éligible au régime micro, on raisonne sur le chiffre d’affaires, pas sur le revenu imposable après abattement. Notre guide des seuils et plafonds micro 2026 fait le point sur ces montants.
En cas de doute au moment de remplir votre déclaration, prenez le temps de vérifier plutôt que de valider trop vite : une erreur de case ou de montant se corrige, mais mieux vaut la prévenir.
FAQ — Vos questions sur la déclaration
Dois-je déclarer mes revenus de micro-entrepreneur même avec le versement libératoire ?
Oui, dans tous les cas. La déclaration sur la 2042-C-PRO est obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs, y compris ceux qui ont opté pour le versement libératoire. Avec cette option, vous ne remplissez pas les cases du régime classique, mais les cases 5TA, 5TB ou 5TE selon votre activité. Ces montants servent à calculer le taux d’imposition de votre foyer, sans être imposés une seconde fois. Il n’y a donc pas de double imposition.
Quelle case remplir sur la 2042-C-PRO ?
Cela dépend de votre activité et de votre option pour le versement libératoire. Sans versement libératoire : 5KO (vente de marchandises) ou 5KP (prestations de service) pour les BIC professionnels, 5HQ pour les activités libérales (BNC). Avec versement libératoire : 5TA (vente), 5TB (services BIC) ou 5TE (activités libérales et services BNC). D’autres cases existent pour les activités non professionnelles et les locations meublées.
Dois-je déduire l’abattement moi-même avant de déclarer ?
Non, surtout pas. Vous déclarez votre chiffre d’affaires brut, sans rien retrancher. C’est l’administration qui applique automatiquement l’abattement forfaitaire correspondant à votre activité : 71 % pour l’achat-revente et la fourniture de logement, 50 % pour les prestations de services BIC et les meublés de tourisme classés ou chambres d’hôtes, 34 % pour les activités libérales (BNC), 30 % pour les meublés de tourisme non classés. Cet abattement ne peut être inférieur à 305 € (610 € en cas de pluralité d’activités).
Que se passe-t-il si mon chiffre d’affaires a été nul cette année ?
Vous devez tout de même faire votre déclaration. L’obligation déclarative vaut même en l’absence de recette : vous portez alors un chiffre d’affaires de 0 dans la case correspondant à votre activité. Ne rien déclarer du tout n’est pas une option, même pour une année sans encaissement.
Quand dois-je déclarer mes revenus de 2025 ?
La déclaration de revenus 2026 (portant sur les revenus 2025) se fait au printemps 2026. Les dates limites varient selon votre département de résidence et le mode de déclaration. Le calendrier étant fixé chaque année, consultez le calendrier officiel sur impots.gouv.fr pour connaître l’échéance qui vous concerne.
Sources officielles consultées
- Comment déclarer les revenus de mon activité de micro-entrepreneur ? — impots.gouv.fr (cases 2042-C-PRO, abattements, versement libératoire).
- Micro-entrepreneurs : comment déclarer vos revenus ? — economie.gouv.fr.
- Formulaire 2042-C-PRO — déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées — impots.gouv.fr.
- Régime fiscal de la micro-entreprise (F23267) — Service-Public Entreprendre.
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