En bref — La facturation électronique entre les entreprises devient obligatoire en France. Deux dates à retenir. Au 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs en franchise de TVA, doivent être capables de recevoir une facture électronique. Au 1ᵉʳ septembre 2027, ce sont les PME, les TPE et les micro-entreprises qui devront à leur tour émettre leurs factures au format électronique et transmettre certaines données à l’administration. En pratique, vous devrez passer par une « plateforme agréée » : un simple PDF envoyé par e-mail ne sera plus une facture conforme. Ce guide déroule le calendrier, les démarches et les sanctions, sources officielles à l’appui.
🗓️ Dernière mise à jour réglementaire : 19 juin 2026. Les montants et dates cités s’appuient sur les pages officielles en vigueur (impots.gouv.fr, economie.gouv.fr, service-public.gouv.fr) et sur la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Liens en fin d’article.
Sommaire
- De quoi parle-t-on, au juste ?
- Suis-je concerné ?
- Le calendrier officiel, étape par étape
- Comment ça marche concrètement : la plateforme agréée
- L’e-reporting : ventes aux particuliers et à l’étranger
- Le cas de l’auto-entrepreneur et du micro en franchise de TVA
- Les sanctions prévues
- Que faire dès maintenant : votre checklist
- FAQ — Vos questions les plus fréquentes
- Sources officielles consultées
De quoi parle-t-on, au juste ?
La facturation électronique a mauvaise réputation. À chaque fois que le sujet revient, je vois passer la même inquiétude : « Encore une obligation, encore un logiciel à payer, encore une démarche à comprendre. » Pendant mes années à l’URSSAF, j’ai appris une chose : une réforme fait peur tant qu’on n’en connaît pas le calendrier. Une fois les dates posées, elle redevient gérable. C’est exactement ce que nous allons faire ici.
La réforme étend aux factures entre entreprises une logique déjà à l’œuvre depuis 2020 pour les factures adressées au secteur public. Concrètement, deux mécanismes coexistent — et il est essentiel de ne jamais les confondre :
- La facturation électronique (l’e-invoicing) concerne l’émission et la réception de factures électroniques entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA — autrement dit, vos échanges avec d’autres professionnels. C’est le cœur de la réforme.
- La transmission de données (l’e-reporting) concerne les opérations qui ne relèvent pas de la facturation électronique entre entreprises : vos ventes à des particuliers et vos opérations avec l’étranger. Là, vous n’envoyez pas de facture électronique à votre client, mais vous transmettez à l’administration vos données de transaction et de paiement.
Retenez la règle simple : une facture entre deux entreprises françaises relève de l’e-invoicing ; une vente à un particulier ou à un client étranger relève de l’e-reporting.
Un point qui rassure tout de suite : selon economie.gouv.fr, la réforme modifie le processus de transmission des factures, mais les règles de facturation restent les mêmes. Vous ne changez pas votre métier ni votre manière de fixer vos prix — vous changez le canal par lequel vos factures circulent.
Suis-je concerné ?
La réponse est, dans l’immense majorité des cas : oui. D’après economie.gouv.fr, toutes les entreprises, indépendants et professions libérales assujettis à la TVA et établis en France sont concernés, quels que soient leur taille, leur chiffre d’affaires, leur forme juridique ou leur régime d’imposition. Plus de sept millions d’entreprises entrent dans le champ de la réforme.
Le point qui surprend le plus les auto-entrepreneurs, c’est celui-ci : être en franchise en base de TVA ne vous exclut pas. Le texte officiel est clair sur ce point — les entreprises en franchise (les micro-entrepreneurs, par exemple) ne sont pas redevables de la TVA, mais elles restent assujetties à la TVA. Elles sont donc soumises à la facturation électronique, en réception comme en émission.
Quand je traitais des dossiers d’indépendants, c’est précisément la nuance qui piégeait tout le monde : « assujetti » et « redevable » ne veulent pas dire la même chose. Si cette distinction vous semble floue, notre article sur les seuils de TVA et la franchise en base la détaille avec des cas concrets.
Une seule catégorie échappe à la facturation électronique : les opérations exonérées de TVA, qui ne sont pas soumises au dispositif.
Le calendrier officiel, étape par étape
C’est le cœur du sujet, et la bonne nouvelle, c’est qu’il tient en deux dates. Le calendrier publié par impots.gouv.fr prévoit un déploiement progressif, selon la taille des entreprises.
| Date | Obligation | Qui est concerné |
|---|---|---|
| 1ᵉʳ septembre 2026 | Recevoir des factures électroniques | Toutes les entreprises, sans exception de taille ni de régime |
| 1ᵉʳ septembre 2026 | Émettre des factures électroniques et transmettre les données (e-reporting) | Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI) |
| 1ᵉʳ septembre 2027 | Émettre des factures électroniques et transmettre les données (e-reporting) | PME, TPE et micro-entreprises |
Le point clé pour un indépendant ou une petite entreprise : dès le 1ᵉʳ septembre 2026, vous devez être en capacité de recevoir une facture électronique, parce que vos fournisseurs déjà passés au format pourront vous en adresser. En revanche, votre obligation d’émettre vos propres factures au format électronique n’arrive qu’au 1ᵉʳ septembre 2027.
Ce délai d’un an entre la réception (2026) et l’émission (2027) pour les petites structures n’est pas un détail : il vous laisse le temps de choisir votre solution sans précipitation. Mais ne le confondez pas avec une dispense — l’obligation de réception, elle, s’applique bien dès septembre 2026 à tout le monde.
💡 Le réflexe serein : notez ces deux dates dans votre agenda dès aujourd’hui. La première (réception) vous concerne dans tous les cas ; la seconde (émission) vous laisse douze mois pour vous équiper tranquillement.
Comment ça marche concrètement : la plateforme agréée
Voici le terme central de toute la réforme : la plateforme agréée. C’est l’élément que beaucoup d’articles oublient d’expliquer, alors qu’il change tout dans votre quotidien.
Selon le glossaire officiel d’economie.gouv.fr, une plateforme agréée est un prestataire immatriculé par l’administration, seul habilité à émettre, recevoir et transmettre les factures électroniques entre entreprises ainsi que les données à l’administration fiscale. C’est l’intermédiaire obligatoire : vos factures ne circuleront plus de votre boîte mail à celle de votre client, mais d’une plateforme agréée à une autre.
Conséquence directe, et la phrase à retenir : un PDF envoyé par e-mail ne sera plus une facture conforme. Une facture électronique est un document structuré et normé, conforme aux standards européens, transmis via une plateforme agréée. Le PDF classique, le scan d’une facture papier ou le document joint à un courriel ne suffiront plus.
Pour vous équiper, deux situations selon economie.gouv.fr :
- Vous utilisez déjà un logiciel de facturation, de caisse ou de comptabilité : vérifiez qu’il est une « solution compatible ». Une solution compatible n’est pas immatriculée elle-même, mais elle s’appuie sur une plateforme agréée pour transmettre vos factures et vos données. En clair, votre outil habituel pourra continuer à fonctionner s’il se connecte à une plateforme.
- Vous n’utilisez aucun logiciel : vous pourrez créer vos factures directement sur la plateforme agréée que vous aurez choisie.
Combien y a-t-il de plateformes ? Une centaine sont déjà disponibles : la liste des 101 premières plateformes agréées a été publiée le 16 janvier 2026, et la liste officielle est régulièrement mise à jour sur impots.gouv.fr. Les tarifs et services varient d’une plateforme à l’autre : prenez le temps de comparer selon votre volume de factures.
Le circuit d’une facture entre deux entreprises est simple à visualiser : vous l’émettez via votre plateforme, elle l’achemine vers la plateforme de votre client, et certaines données partent en parallèle vers l’administration — qui n’aura plus à vous les redemander.
Quatre nouvelles mentions s’ajoutent par ailleurs aux factures à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, selon economie.gouv.fr : le numéro SIREN du client, la catégorie de l’opération (vente, prestation de services, ou les deux), l’option de paiement de la TVA sur les débits le cas échéant, et l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation. Anticipez en collectant dès maintenant les numéros SIREN de vos clients professionnels. Ces mentions complètent le socle de la facture conforme, que nous détaillons dans notre guide de la comptabilité de l’entrepreneur 2026.
L’e-reporting : ventes aux particuliers et à l’étranger
Tout le monde n’émet pas uniquement des factures à des entreprises françaises. Et c’est là qu’intervient l’e-reporting.
D’après economie.gouv.fr, l’e-reporting consiste à transmettre électroniquement à l’administration fiscale des données de transaction et de paiement, pour les opérations qui ne relèvent pas de la facturation électronique entre entreprises. Deux familles d’opérations sont concernées :
- Vos ventes à des particuliers (le « B2C ») : vous continuez à envoyer votre facture ou votre ticket à votre client par le canal habituel, mais vous transmettez vos données de transaction à l’administration, via votre plateforme agréée.
- Vos opérations avec l’étranger : ventes ou achats avec des opérateurs établis hors de France.
En clair, si vous vendez à des particuliers ou à l’international, vous n’émettez pas de facture électronique vers ces clients, mais vous « rapportez » vos données. Pour les micro-entreprises, les TPE et les PME, cette obligation d’e-reporting démarre, comme l’émission, au 1ᵉʳ septembre 2027.
Le cas de l’auto-entrepreneur et du micro en franchise de TVA
C’est la question qui revient le plus souvent, alors prenons-la de front. Oui, vous êtes concerné, même en franchise de TVA. Voici ce que cela signifie concrètement, selon votre clientèle :
- Vous vendez surtout à des entreprises (B2B) : vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1ᵉʳ septembre 2026, et vous devrez émettre les vôtres via une plateforme agréée à partir du 1ᵉʳ septembre 2027.
- Vous ne vendez qu’à des particuliers (B2C) : vous n’avez aucune facture électronique à émettre vers vos clients, mais vous devrez faire de l’e-reporting de vos données à partir du 1ᵉʳ septembre 2027. Et, dans tous les cas, vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs dès le 1ᵉʳ septembre 2026.
- Vous avez les deux types de clients : les deux mécanismes s’appliquent, chacun à sa catégorie d’opérations.
Le piège à éviter, je l’ai déjà évoqué mais il mérite d’être répété : un PDF par e-mail ne sera plus une facture conforme. Si vous émettez aujourd’hui de simples PDF, le changement principal viendra en 2027, quand vous devrez passer par une plateforme agréée.
Bonne nouvelle pour la trésorerie : la réforme ne crée pas de nouvelle taxe. Elle vise au contraire, à terme, à simplifier vos obligations — notamment en pré-remplissant progressivement vos déclarations grâce aux données transmises. Pour replacer cette réforme dans l’ensemble de vos échéances de l’année, notre guide de la fiscalité de l’entrepreneur 2026 fait le tour des autres rendez-vous fiscaux.
Les sanctions prévues
Abordons le sujet calmement, car les montants circulent souvent déformés. La loi de finances pour 2026 (article 123) a clarifié et relevé le régime des sanctions, comme l’explique Service Public. Voici les montants exacts, vérifiés à la source :
- Ne pas émettre une facture au format électronique quand on y est tenu : 50 € par facture (contre 15 € auparavant), dans la limite de 15 000 € par année civile.
- Ne pas transmettre les données de transaction ou de paiement (e-reporting) : 500 € par transmission (contre 250 € auparavant), avec le même plafond de 15 000 € par année civile.
- Ne pas recourir à une plateforme agréée pour recevoir ses factures : l’entreprise est d’abord mise en demeure de se conformer dans un délai de 3 mois. À l’expiration de ce délai sans régularisation, une amende de 500 € est prononcée, suivie d’une nouvelle période de mise en demeure de 3 mois. Si le manquement persiste, l’amende passe à 1 000 €, puis 1 000 € supplémentaires tous les trois mois tant que la situation n’est pas régularisée.
Un garde-fou important, prévu par la loi : ces sanctions ne s’appliquent pas en cas de première infraction commise au cours de l’année civile en cours et des trois années précédentes, si l’infraction est réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l’administration. Autrement dit, une erreur de bonne foi rapidement corrigée n’est pas pénalisée — une raison de plus de ne pas paniquer, mais de se préparer.
Que faire dès maintenant : votre checklist
Pas besoin d’attendre l’été 2026 ou 2027. Voici les actions concrètes, dans l’ordre, pour aborder l’échéance sereinement.
- Notez les deux dates : réception obligatoire au 1ᵉʳ septembre 2026 (tout le monde), émission obligatoire au 1ᵉʳ septembre 2027 (PME, TPE, micro).
- Choisissez votre plateforme agréée : consultez la liste officielle sur impots.gouv.fr et comparez les tarifs selon votre volume de factures.
- Vérifiez votre outil actuel : si vous utilisez déjà un logiciel de facturation ou de comptabilité, assurez-vous qu’il est une « solution compatible » et qu’il se connecte à une plateforme agréée.
- Collectez les numéros SIREN de vos clients professionnels : c’est une mention obligatoire dès le 1ᵉʳ septembre 2026.
- Identifiez votre profil d’opérations : ventes à des entreprises (facturation électronique), à des particuliers ou à l’étranger (e-reporting) — pour savoir exactement ce qui s’applique à vous, et quand.
- En cas de doute, appelez le numéro national d’assistance dédié à la réforme : 0 806 807 807.
FAQ — Vos questions les plus fréquentes
La facturation électronique concerne-t-elle les auto-entrepreneurs ?
Oui. Même en franchise de TVA, un auto-entrepreneur est assujetti à la TVA, donc concerné. Il devra pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1ᵉʳ septembre 2026 et émettre les siennes via une plateforme agréée à partir du 1ᵉʳ septembre 2027. Seules les opérations exonérées de TVA échappent au dispositif.
Quelles sont les dates à retenir pour la facturation électronique ?
Deux dates. Au 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises ainsi que les ETI doivent émettre les leurs. Au 1ᵉʳ septembre 2027, l’obligation d’émettre s’étend aux PME, aux TPE et aux micro-entreprises.
Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?
Non. Un PDF ordinaire, un scan de facture papier ou un document joint à un courriel ne seront plus conformes. Une facture électronique est un document structuré et normé, conforme aux standards européens, transmis par l’intermédiaire d’une plateforme agréée.
Qu’est-ce qu’une plateforme agréée et dois-je obligatoirement en choisir une ?
Une plateforme agréée est un prestataire immatriculé par l’administration, seul habilité à transmettre les factures électroniques entre entreprises et les données à l’administration fiscale. C’est l’intermédiaire obligatoire : oui, vous devrez en désigner une. Une centaine sont déjà disponibles, et la liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr.
Je ne vends qu’à des particuliers : suis-je concerné ?
Oui, mais autrement. Vos ventes à des particuliers relèvent de l’e-reporting, pas de la facturation électronique entre entreprises : vous n’émettez pas de facture électronique vers vos clients, mais vous transmettez vos données de transaction à l’administration via une plateforme agréée, à partir du 1ᵉʳ septembre 2027. Vous devez toutefois pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs dès le 1ᵉʳ septembre 2026.
Quelles sont les sanctions en cas de manquement ?
50 € par facture non émise au format électronique (plafond 15 000 € par an), 500 € par transmission de données manquante en e-reporting (même plafond), et, en cas de défaut de plateforme pour recevoir, une mise en demeure de 3 mois puis 500 €, puis 1 000 €, puis 1 000 € tous les trois mois. Aucune sanction n’est appliquée pour une première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l’administration.
Sources officielles consultées
- À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? — impots.gouv.fr (calendrier 2026-2027).
- Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises — economie.gouv.fr (champ d’application, franchise en base, plateformes agréées, e-reporting, mentions obligatoires).
- Découvrez la liste des 101 premières plateformes agréées — economie.gouv.fr (publication du 16 janvier 2026).
- Liste des plateformes agréées immatriculées sous réserve — impots.gouv.fr (liste officielle mise à jour).
- Facturation électronique : les sanctions évoluent — Service Public Entreprendre (montants et plafonds des sanctions).
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 — Article 123 — Légifrance (base légale des sanctions).
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