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Acomptes d’impôts entreprise 2026 : le guide de gestion

Acompte d’IS le 16 mars, CFE le 15 juin, TVA à 55 % en juillet, prélèvement à la source le 15 de chaque mois : en 2026, chaque impôt suit son propre calendrier d’acomptes. Le guide de gestion pour savoir qui paie quoi et quand, moduler quand c’est permis, et anticiper la dernière année des acomptes de TVA avant la réforme de 2027.

Entrepreneur planifiant ses échéances d’acomptes d’impôts 2026 sur son calendrier de trésorerie

En bref — Une entreprise ne découvre pas son impôt en fin d’année : elle le paie en avance, par acomptes calculés sur les chiffres de l’année précédente, puis régularisés au solde. En 2026, une société à l’IS verse quatre acomptes (16 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) ; l’entrepreneur à l’IR paie son acompte de prélèvement à la source le 15 de chaque mois ; la TVA au réel simplifié réclame 55 % en juillet et 40 % en décembre — dernière année avant la réforme de 2027 — ; la CFE prélève un acompte le 15 juin dès 3 000 €. Le guide de gestion : qui paie quoi, quand, et comment moduler quand la loi le permet.

✍️ Par Laëtitia Dubreuil, Community Manager — Fiscora « Le blog des entrepreneurs sereins et avertis. » Article relu par le Comité éditorial Fiscora.

Sommaire

Le principe : payer en avance sur les chiffres d’hier, régulariser demain

Presque tous les impôts d’une entreprise fonctionnent sur le même schéma : l’administration calcule des versements anticipés sur la base du dernier exercice connu, l’entreprise les paie en cours d’année, puis tout se régularise au moment du solde — trop-payé remboursé ou imputé, complément à verser. Bien géré, ce mécanisme lisse la charge fiscale ; subi, il ponctionne la trésorerie aux pires moments.

Une distinction commande tout le reste. L’acompte d’IS est payé par la société — SASU, SAS, SARL, EURL ayant opté — depuis son espace professionnel impots.gouv.fr. L’acompte de prélèvement à la source (PAS) est payé par l’entrepreneur en personne — EI, gérant ou micro-entrepreneur imposé à l’IR — depuis son espace particulier, par prélèvement sur son compte bancaire. Une SASU verse des acomptes d’IS ; son président paie, en plus et à titre personnel, son propre PAS. Un entrepreneur individuel, lui, ne verse jamais d’acompte d’IS : son « acompte », c’est le prélèvement à la source. Deux impôts, deux espaces, deux calendriers — le choix entre les deux mondes se joue au moment du choix entre IS et IR pour votre société.

Acomptes d’IS : les quatre rendez-vous de la société

L’impôt sur les sociétés — 25 % au taux normal, 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles — se paie en cinq fois : quatre acomptes trimestriels et un solde. Les dates sont fixes : 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Quand le 15 tombe un week-end, l’échéance glisse au jour ouvré suivant : en 2026, le 15 mars étant un dimanche, le premier acompte était dû au plus tard le 16 mars.

Le calcul est mécanique. Chaque acompte vaut un quart de l’IS de référence, celui du dernier exercice clos, ventilé ligne à ligne entre bénéfice au taux réduit et bénéfice au taux normal, via le relevé d’acompte n° 2571. Le premier acompte fait exception : versé en mars, avant que le résultat de l’exercice précédent soit connu de l’administration, il se calcule sur l’avant-dernier exercice clos, puis se régularise lors du deuxième acompte — le relevé n° 2571 comporte une ligne dédiée à cette régularisation. Exemple : une SASU clôturant au 31 décembre a dégagé 40 000 € de bénéfice en 2025, soit 6 000 € d’IS au taux réduit de 15 % ; ses acomptes de juin, septembre et décembre 2026 valent 1 500 € chacun, tandis que celui de mars a été assis sur l’IS 2024 puis rattrapé en juin. Le règlement passe obligatoirement par voie électronique — payer autrement coûte une majoration de 0,2 % avec un minimum de 60 €.

Quatre cas de dispense totale d’acomptes : un IS de référence qui n’excède pas 3 000 € ; un exercice de référence sans bénéfice imposable ; une société nouvellement créée, pour son premier exercice ; une société nouvellement soumise à l’IS, pour sa première période d’imposition. Dans ces quatre situations, l’IS se paie en une seule fois, au solde. Une entreprise dont l’IS 2025 atteint 2 700 € ne verse donc aucun acompte en 2026.

Le solde se règle via le relevé n° 2572, au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture. Pour les exercices clos au 31 décembre, la loi retient toutefois une échéance propre : le 15 mai 2026 pour une clôture au 31 décembre 2025. Si les acomptes ont dépassé l’IS réellement dû, l’excédent est remboursé d’office dans les trente jours, ou imputé sur le premier acompte suivant.

Moduler à la baisse ? Une société qui anticipe une forte chute de résultat peut réduire ses versements, mais elle le fait sous sa propre responsabilité : si le solde révèle une insuffisance, des pénalités s’appliquent. Avant de réduire un acompte, faites valider le chiffrage prévisionnel par votre expert-comptable. Et un retard pur et simple coûte cher : majoration de 5 % des sommes dues, plus un intérêt de retard de 0,2 % par mois.

Entrepreneur à l’IR : l’acompte contemporain du prélèvement à la source

Les bénéfices des indépendants — BIC, BNC, BA — entrent dans le prélèvement à la source sous forme d’acomptes calculés par l’administration sur les revenus déclarés l’année précédente, et prélevés directement sur le compte bancaire communiqué à la DGFiP. Pas de retenue par un tiers : un décaissement sec, à anticiper comme une charge fixe.

Le rythme : le 15 de chaque mois par défaut, ou, sur option exercée avant le 30 septembre pour l’année suivante et reconduite tacitement, un prélèvement trimestriel les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre — un rythme qui concentre la ponction, à réserver aux trésoreries régulières.

Le levier de gestion, c’est la modulation. Dans « Gérer mon prélèvement à la source », l’entrepreneur peut créer un acompte, le supprimer en fin d’activité, ou l’ajuster à la hausse comme à la baisse. Depuis 2023, la modulation à la baisse est ouverte dès que le prélèvement estimé sur les revenus de l’année en cours s’écarte de plus de 5 % du prélèvement qui serait supporté sans modulation — le seuil historique de 10 % est périmé, et beaucoup de contenus en ligne le traînent encore. Si votre activité ralentit en 2026, ce levier libère de la trésorerie immédiatement — mais une estimation trop optimiste expose à des pénalités : modulez sur des chiffres réels, pas sur un espoir.

En début d’activité, deux options : créer immédiatement un acompte contemporain en estimant son bénéfice, ou attendre la régularisation qui suivra la première déclaration de revenus — plus tard, mais d’un coup.

Micro-entrepreneur : versement libératoire ou acompte PAS

Le micro-entrepreneur relève de deux mécanismes exclusifs l’un de l’autre. Par défaut, il paie l’acompte contemporain du PAS, comme tout indépendant — le 15 de chaque mois ou par trimestre. Sur option, sous condition de revenu fiscal de référence, il bascule sur le versement forfaitaire libératoire : l’impôt se règle en même temps que les cotisations, à chaque déclaration Urssaf, au taux de 1 % du chiffre d’affaires pour la vente, 1,7 % pour les autres BIC et 2,2 % pour les BNC. L’impôt suit alors exactement l’encaissement : zéro chiffre d’affaires, zéro impôt. Conditions, taux détaillés et arbitrage complet : notre guide du versement libératoire 2026.

Un piège de bascule, signalé par l’administration elle-même : en cas d’option pour le versement libératoire, l’acompte PAS ne s’éteint pas tout seul. Il faut le déprogrammer manuellement dans « Gérer mon prélèvement à la source », sous peine de payer deux fois en trésorerie l’année du changement.

TVA au réel simplifié : 55 % en juillet, 40 % en décembre — dernière année

Le régime réel simplifié de TVA concerne les entreprises sous plafonds de chiffre d’affaires — 945 000 € pour le commerce, 286 000 € pour les services en 2026 — dont la TVA due l’année précédente reste inférieure à 15 000 € ; à l’autre bout du spectre, le sujet ne se pose qu’une fois le seuil de franchise de TVA dépassé.

Son mécanisme d’acomptes est le plus massif de tous : 55 % de la TVA due l’année précédente en juillet, 40 % en décembre, puis le solde à la déclaration annuelle CA12, déposée début mai — au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1ᵉʳ mai. Attention à la base : c’est la TVA due avant déduction de celle qui porte sur les immobilisations — une entreprise qui a investi paie donc des acomptes assis sur un montant plus élevé que sa TVA nette. Une entreprise dont la TVA due en 2025 s’établit à 8 000 € sur cette base décaisse ainsi 4 400 € en juillet et 3 200 € en décembre 2026. Deux échéances semestrielles énormes, à provisionner mois après mois. En dessous de 1 000 € de TVA versée l’année précédente, dispense d’acomptes : tout se paie à la CA12.

Deux soupapes existent. Si la TVA réellement due s’écarte d’au moins 10 % de l’acompte, l’entreprise peut en demander la modification ; et si les acomptes déjà versés couvrent la taxe estimée de l’année, elle peut suspendre les versements suivants, par déclaration datée et signée auprès de son service des impôts avant l’échéance. Les nouveaux redevables, eux, n’attendent pas un an : dès le premier semestre d’activité, ils déterminent eux-mêmes un acompte qui doit représenter au moins 80 % de la taxe réellement due pour le semestre, sous peine d’une majoration de 5 %.

Attention : 2026 est la dernière année pleine de ce dispositif. La loi de finances pour 2025 prévoit la suppression du régime simplifié de TVA au 1ᵉʳ janvier 2027. Les acomptes 55/40 s’appliquent encore normalement en 2026, mais le passage à des déclarations périodiques transformera votre rythme de décaissement dès 2027 : anticipez-le dès maintenant.

CFE — et un mot de la CVAE

La cotisation foncière des entreprises se paie normalement en une fois, le 15 décembre. Mais si votre CFE 2025 a atteint 3 000 € ou plus et que vous n’êtes pas mensualisé, un acompte de 50 % est dû au plus tard le 15 juin 2026, le solde suivant au 15 décembre 2026. Une CFE 2025 de 3 600 € donne donc un acompte de 1 800 € en juin ; le solde de décembre vaut la CFE 2026 diminuée de cet acompte — il n’égale 1 800 € que si la cotisation n’a pas bougé d’une année sur l’autre. Aucun avis papier : l’avis d’acompte n’existe que dans l’espace professionnel impots.gouv.fr, et le paiement est obligatoirement dématérialisé — paiement direct en ligne, prélèvement à l’échéance ou mensualisation. L’adhésion au prélèvement à l’échéance devait intervenir au plus tard le 31 mai pour l’acompte ; l’adhésion à la mensualisation pour 2026 restait ouverte jusqu’au 30 juin 2026 inclus, sans repousser la date limite de paiement de l’acompte, fixée au 15 juin minuit. En retard, la note s’alourdit d’une majoration de 5 % (art. 1731 et 1731 B du CGI). Rappel utile : pas de CFE l’année de création, et exonération jusqu’à 5 000 € de chiffre d’affaires ou de recettes — bases de calcul, exonérations et dégrèvements sont détaillés dans notre guide de la CFE 2026.

Un mot de la CVAE, qui ne concerne que les entreprises réalisant plus de 500 000 € de chiffre d’affaires : contrairement à ce qui avait été annoncé, elle est maintenue jusqu’à sa suppression définitive en 2030, au taux maximal inchangé de 0,28 %. Au-delà de 1 500 € de CVAE due au titre de l’année précédente, deux acomptes de 50 % tombent les 15 juin et 15 septembre.

Le calendrier 2026, profil par profil

Les dates de TVA restent « juillet » et « décembre » : la fiche officielle ne les fixe pas au 15 — la date exacte figure sur votre avis d’acompte en ligne.

Échéance 2026SASU à l’IS (clôture 31/12, TVA RSI, CFE ≥ 3 000 €)EI au réel BIC (TVA RSI)Micro-entrepreneur sans versement libératoire
Le 15 de chaque moisAcompte PAS (sauf option trimestrielle : 15/02, 15/05, 15/08, 15/11)Acompte PAS (sauf option trimestrielle)
16 mars (report du dimanche 15)Acompte IS n° 1 (relevé 2571)
Début mai (2ᵉ jour ouvré après le 1ᵉʳ mai)Déclaration CA12 + solde de TVA 2025Déclaration CA12 + solde de TVA 2025
15 maiSolde IS 2025 (relevé 2572)
15 juinAcompte IS n° 2 + acompte CFE de 50 %Acompte CFE de 50 % (si CFE 2025 ≥ 3 000 €)
JuilletAcompte TVA de 55 %Acompte TVA de 55 %
15 septembreAcompte IS n° 3
15 décembreAcompte IS n° 4 + solde CFESolde CFE (ou totalité si < 3 000 €)CFE (si non exonéré)
DécembreAcompte TVA de 40 %Acompte TVA de 40 %

Avec le versement libératoire, le micro-entrepreneur remplace la ligne PAS par ses échéances Urssaf — mensuelles, ou trimestrielles les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier.

La lecture trésorerie saute aux yeux : juin et décembre sont les mois rouges — acompte IS, CFE et, à quelques jours près, TVA s’y superposent. Toute la différence se joue entre provisionner sa charge fiscale chaque mois et découvrir trois prélèvements la même quinzaine.

Les pièges qui coûtent de la trésorerie

Les deux « 3 000 € » qui n’ont rien à voir. Un IS inférieur à 3 000 € vous dispense d’acomptes d’IS ; une CFE de 3 000 € ou plus vous impose un acompte de CFE. Même montant, logiques inversées.

Juin ou juillet pour la TVA ? Certaines pages officielles évoquent des acomptes de TVA en « juin et décembre ». La fiche de référence et la FAQ de la DGFiP, plus récentes, disent juillet et décembre : c’est le calendrier à retenir.

L’acompte d’IS n’est pas votre impôt personnel. La société et son dirigeant paient chacun le leur, dans deux espaces distincts qui ne se compensent jamais.

La modulation du PAS, c’est 5 % — pas 10 %. Le seuil a changé en 2023 et une bonne partie du web ne l’a pas suivi — mais l’écart invoqué doit rester réel et documenté, sous peine de pénalités.

Les « 15 » glissent, jamais en votre défaveur. Quand l’échéance tombe un week-end ou un jour férié, elle est reportée au jour ouvré suivant — le 16 mars 2026 pour l’acompte d’IS. Ne comptez jamais sur un report non vérifié : l’avis en ligne fait foi, date par date.

Le retard coûte plus qu’un découvert. Pour un acompte d’IS : 5 % de majoration plus 0,2 % d’intérêt par mois. Mieux vaut un découvert négocié qu’une échéance fiscale manquée. Ce piège et les autres erreurs de la même famille sont au catalogue de nos erreurs fiscales à éviter en 2026.

Anticiper ses échéances avec Fiscora

Tout ce guide tient en une discipline : savoir ce qui va sortir du compte, et quand. Fiscora ne paie pas vos impôts à votre place — mais il vous donne la matière première de l’anticipation : votre chiffre d’affaires et vos encaissements réels, visibles en continu, rapprochés de votre banque. Un acompte d’IS se provisionne sur le bénéfice qui se dessine, un acompte de TVA sur la taxe qui s’accumule au fil des factures : quand les chiffres sont à jour, juin et décembre ne surprennent plus.

FAQ — Vos questions sur les acomptes d’impôts en 2026

Ma société vient d’être créée : dois-je payer des acomptes d’IS ?

Non. Une société nouvellement créée est dispensée d’acomptes pour son premier exercice, comme une société nouvellement soumise à l’IS pour sa première période d’imposition : l’impôt se paie en une seule fois, au solde. Même dispense, ensuite, tant que l’IS de référence n’excède pas 3 000 €.

Mon activité ralentit : puis-je baisser mon acompte de prélèvement à la source ?

Oui, dans « Gérer mon prélèvement à la source » sur impots.gouv.fr, dès que le prélèvement estimé sur vos revenus de l’année en cours s’écarte de plus de 5 % de celui que vous supporteriez sans modulation. Attention : une baisse trop optimiste expose à des pénalités — appuyez-vous sur des chiffres réels.

Quelles sont les dates des acomptes de TVA au régime simplifié en 2026 ?

Un acompte de 55 % de la TVA due en 2025 — avant déduction de la TVA sur les immobilisations — en juillet, un acompte de 40 % en décembre, le solde à la déclaration annuelle CA12 début mai 2027. Si vous avez versé moins de 1 000 € de TVA en 2025, vous êtes dispensé d’acomptes. C’est la dernière année de ce dispositif : le régime simplifié de TVA est supprimé au 1ᵉʳ janvier 2027.

Pourquoi ai-je un acompte de CFE à payer le 15 juin ?

Parce que votre CFE de l’année précédente a atteint 3 000 € ou plus et que vous n’êtes pas mensualisé : un acompte de 50 % est alors dû au 15 juin, le solde au 15 décembre. L’avis n’est disponible qu’en ligne, dans votre espace professionnel — aucun courrier ne vous préviendra.

Acompte d’IS et acompte de prélèvement à la source, quelle différence ?

L’acompte d’IS est payé par la société sur son propre impôt, depuis l’espace professionnel, aux 15 mars, juin, septembre et décembre. L’acompte de prélèvement à la source est payé par l’entrepreneur sur son impôt personnel, prélevé sur son compte personnel le 15 de chaque mois. Un entrepreneur individuel ne paie jamais d’acompte d’IS ; un président de SASU paie les deux — l’un via sa société, l’autre en son nom.

Sources officielles consultées

Un acompte anticipé n’est jamais une mauvaise surprise. Fiscora garde votre chiffre d’affaires et vos encaissements sous les yeux toute l’année, pour provisionner chaque échéance avant qu’elle tombe. Essayez Fiscora gratuitement pendant 14 jours.

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