En bref — Créer une SASU ne vous fait pas perdre vos allocations chômage. Deux options s’offrent à vous, mutuellement exclusives : le maintien (partiel ou total) de l’ARE chaque mois, ou l’ARCE, qui verse 60 % de vos droits restants en capital. Attention à la règle 2026 : pour les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat intervenue à compter du 1ᵉʳ avril 2025, le cumul ARE + revenus non salariés est plafonné à 60 % du reliquat de droits — et percevoir des dividendes ferme la porte à la poursuite exceptionnelle du versement au-delà. Autre nouveauté : l’ACRE, condition d’accès à l’ARCE, ne s’obtient plus automatiquement — il faut la demander à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité. Voici comment sécuriser vos droits, chiffres officiels à l’appui — et pourquoi il vaut mieux valider votre stratégie avec France Travail avant de trancher.
Sommaire
- Créer sa SASU au chômage : le principe et les deux options
- La règle clé 2026 : le plafond de 60 % du reliquat de droits
- Président de SASU non rémunéré : l’ARE maintenue
- Président rémunéré : comment se calcule le cumul partiel
- Dividendes et ARE : ce qu’ils changent (et ce qu’ils bloquent)
- L’ARCE : 60 % de vos droits en capital — et la réforme 2026 de l’ACRE
- ARE maintenue ou ARCE : comment choisir ?
- Vos obligations : déclarer, s’actualiser, justifier
- Et à la fin du parcours ? Report, reprise, rechargement
- Et Fiscora dans tout ça ?
- FAQ — Cumul ARE et SASU : vos questions
- Sources officielles consultées
Créer sa SASU au chômage : le principe et les deux options
C’est l’une des craintes les plus fréquentes chez les créateurs : « si je monte ma société, je perds mon chômage ». Bonne nouvelle : c’est faux. Un demandeur d’emploi indemnisé qui crée ou reprend une entreprise — y compris une SASU — a le choix entre deux dispositifs mutuellement exclusifs (France Travail — je crée ou je reprends une entreprise) :
- le maintien de l’ARE, versée chaque mois en tout ou partie, en cumul avec les éventuelles rémunérations de votre activité ;
- l’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise), qui convertit une partie de vos droits en un capital versé en deux fois.
Le mot important est « exclusifs » : si vous choisissez l’ARCE, vous ne pourrez plus cumuler l’ARE avec la rémunération tirée de votre activité (France Travail — l’ARCE). Ce choix structure votre trésorerie des deux premières années : il mérite mieux qu’une décision à la va-vite.
Côté maintien de l’ARE, le principe est souple : le cumul est possible « quel que soit le niveau de rémunération », dans une double limite — le total allocation + revenus ne peut pas dépasser votre salaire antérieur brut de référence (la moyenne des salaires ayant servi au calcul de votre ARE), plafond mensuel calculé comme votre salaire journalier de référence (SJR) × 30,42 (economie.gouv.fr — entrepreneur et allocation chômage ; Unédic — cumul allocation et salaire). Quatre conditions : remplir les conditions d’attribution de l’ARE, rester inscrit comme demandeur d’emploi, vous actualiser chaque mois en déclarant vos revenus, et ne pas avoir demandé l’ARCE. Point appréciable : ce cumul est ouvert à tous les créateurs, même sans ACRE.
Un cas particulier à connaître : si votre activité non salariée existait avant la fin du contrat de travail qui a ouvert vos droits (on parle d’« activité conservée »), le cumul est intégral — 100 % de vos revenus non salariés s’ajoutent à l’ARE — mais l’ARCE devient alors impossible.
Si vous n’avez pas encore franchi le pas de la création, notre guide créer une SASU en 2026 détaille les étapes, du choix des statuts à l’immatriculation au guichet unique.
La règle clé 2026 : le plafond de 60 % du reliquat de droits
C’est LE changement que beaucoup de créateurs découvrent trop tard. Depuis la réforme applicable aux droits ouverts à la suite d’une fin de contrat de travail (ou d’une procédure de licenciement engagée) à compter du 1ᵉʳ avril 2025, le cumul ARE + revenus d’une activité non salariée est plafonné à 60 % du reliquat de droits existant à la date de démarrage effectif de l’activité (France Travail ; Unédic). Concrètement : une fois que vous avez consommé 60 % des jours d’allocation qu’il vous restait au moment de la création, les versements d’ARE cessent.
Deux précisions essentielles :
- Anciens droits vs nouveaux droits. Ce plafond ne concerne que les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat intervenue à compter du 1ᵉʳ avril 2025. Si vos droits sont plus anciens, le cumul reste possible dans la limite de la durée totale de vos droits, sans plafond de 60 %. La date qui compte est celle de la fin de contrat ayant ouvert vos droits — en cas de doute, faites confirmer votre situation par votre conseiller France Travail.
- Une porte de sortie existe, mais elle est étroite. À l’approche du plafond, France Travail vous informe par courrier. Si, à ce stade, vous n’avez tiré aucun revenu de votre activité — dividendes inclus — et que vous justifiez que l’activité est bien réelle, vous pouvez demander à l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail la poursuite du cumul sur les 40 % restants. Vous disposez de 6 mois à compter de l’atteinte du plafond pour la saisir.
Retenez donc dès maintenant l’articulation qui traverse tout cet article : le plafond de 60 % s’applique même si vous ne vous rémunérez pas, et la moindre distribution de dividendes vous ferme l’accès aux 40 % restants. Nous y revenons plus bas.
Président de SASU non rémunéré : l’ARE maintenue
C’est le scénario le plus répandu chez les créateurs de SASU au chômage, et il est validé noir sur blanc par la fiche officielle consacrée à la SASU : « pendant la phase de création, le président de la SASU peut percevoir ses allocations ARE […] s’il ne perçoit aucune rémunération de l’entreprise qu’il dirige » au titre de son mandat social (entreprendre.service-public.gouv.fr — fiche SASU F37383).
En pratique : chaque mois, lors de l’actualisation, vous déclarez 0 € de revenus si vous n’avez rien perçu — et votre ARE est versée sans déduction (France Travail — reprise d’une activité non salariée). Côté justificatif, France Travail demande les pièces justifiant vos rémunérations, selon la périodicité à laquelle vous les déclarez (déclaration à l’administration fiscale, déclaration d’impôts détaillée, attestation Urssaf…). Dans les faits, pour une société à l’impôt sur les sociétés, c’est la décision fixant la rémunération du dirigeant — y compris une rémunération nulle — qui matérialise le montant à déclarer ; en SASU, elle prend la forme d’un relevé de décision de l’associé unique. Pensez à l’établir dès le lancement, cela vous évitera des allers-retours avec votre conseiller.
Trois nuances, importantes pour ne pas s’exposer à de mauvaises surprises :
- Le plafond de 60 % s’applique quand même (pour les droits ouverts depuis le 1ᵉʳ avril 2025). Ne pas se rémunérer garantit le versement intégral du montant mensuel, pas une durée illimitée : au-delà de 60 % du reliquat, il faudra saisir l’IPR — ce qui reste possible tant que vous n’avez perçu aucun revenu ni dividende.
- Votre mandat de président n’ouvre pas de nouveaux droits. Le président associé unique d’une SAS figure dans la liste des dirigeants exclus de l’assurance chômage, sauf contrat de travail distinct réellement caractérisé (tâches techniques, rémunération distincte, lien de subordination) — une situation que France Travail accepte d’examiner sur demande (« demandez à France Travail de vérifier votre situation ») via son service en ligne dédié sur Démarches simplifiées, au moyen du formulaire réservé aux mandataires sociaux déjà inscrits comme demandeurs d’emploi, à condition qu’elle existe réellement : les situations seulement envisagées pour l’avenir ne sont pas étudiées (France Travail — je suis dirigeant(e) d’entreprise).
- Sans rémunération, pas de protection sociale au titre du mandat. Le président de SASU est assimilé salarié lorsqu’il est rémunéré ; sans rémunération, il ne cotise pas — et la fiche officielle avertit qu’un associé rémunéré exclusivement en dividendes « ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale ». Pendant la période d’indemnisation, votre couverture reste liée à votre statut de demandeur d’emploi ; mais anticipez la suite. Pour comprendre ce que coûte (et ce qu’ouvre) une rémunération de président, voyez notre guide des charges sociales de l’entrepreneur.
Président rémunéré : comment se calcule le cumul partiel
Si vous vous versez une rémunération au titre de votre mandat, l’ARE n’est pas supprimée : elle est réduite, selon une formule officielle (Unédic — cumul allocation et salaire) :
J = [ARE mensuelle pour un mois complet sans activité − (rémunération mensuelle déclarée au titre des assurances sociales × 0,70)] ÷ allocation journalière
J est le nombre de jours indemnisables dans le mois, arrondi à l’entier le plus proche ; l’allocation versée est égale à J × votre allocation journalière. Dit autrement, côté France Travail : votre complément d’allocation = votre ARE mensuelle − 70 % de vos rémunérations déclarées.
Exemple chiffré, transposé des chiffres officiels de l’Unédic à un président de SASU : ARE mensuelle de 1 710 € (allocation journalière de 57 €), rémunération de mandat de 2 100 € brut. J = [1 710 − (2 100 × 0,70)] ÷ 57 = [1 710 − 1 470] ÷ 57 = 4,21, arrondi à 4 jours indemnisables → 228 € d’ARE versés en complément des 2 100 € de rémunération. Et les 26 jours non indemnisés du mois ne sont pas perdus : ils reportent d’autant la date de fin de vos droits.
Le tout reste borné par le plafond mensuel déjà évoqué (SJR × 30,42) : allocation + rémunération ne peuvent pas dépasser votre ancien salaire brut de référence.
Dernière subtilité, très concrète pour un dirigeant de société : votre rémunération réelle n’est pas toujours connue au moment de l’actualisation. Deux mécaniques existent :
- rémunération déclarée mais pas encore justifiée : France Travail verse une avance calculée avec un coefficient de 0,8 (80 % du montant dû), régularisée à réception des justificatifs — et récupérée intégralement si vous ne les fournissez pas ;
- rémunération indéterminée (justification trimestrielle ou annuelle) : versement provisoire de 70 % de votre ARE mensuelle, puis régularisation sur la base des justificatifs (déclarations Urssaf, avis d’imposition…).
Bon à savoir : lorsque le plafond de 60 % du reliquat est atteint, les paiements provisoires déjà effectués ne sont pas remis en cause.
Dividendes et ARE : ce qu’ils changent (et ce qu’ils bloquent)
C’est l’un des arguments classiques en faveur de la SASU — et il est exact, mais incomplet depuis la réforme. Reprenons la fiche officielle : « en SASU, les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération, mais comme des revenus de capitaux mobiliers. Ainsi, les dividendes ne sont pas soumis à cotisations sociales et ne modifient en rien le montant de ses allocations » (fiche SASU F37383). À l’inverse, en EURL, les dividendes du gérant sont soumis à cotisations sociales et pris en compte dans le calcul de l’ARE — une différence de fond entre les deux statuts, que nous comparons dans SASU ou EURL : le comparatif.
Mais depuis la règle applicable aux droits ouverts à compter du 1ᵉʳ avril 2025, ce tableau a un angle mort : pour demander à l’IPR la poursuite du cumul sur les 40 % restants après le plafond de 60 %, vous devez attester de « l’absence de revenus d’activité, y compris de dividendes, depuis la création ou la reprise de l’entreprise » (Unédic). Autrement dit :
- les dividendes ne réduisent pas votre ARE mensuelle pendant la période de cumul ;
- mais une seule distribution suffit à fermer définitivement la porte de l’IPR pour les 40 % restants.
Si vous anticipez d’avoir besoin de vos allocations au-delà de 60 % de votre reliquat, la prudence commande de différer toute distribution — et d’en parler à votre conseiller France Travail avant de décider. Côté fiscalité, rappelons que les dividendes de SASU sont imposés par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec option possible pour le barème — un paramètre à replacer dans votre stratégie globale, détaillée dans notre guide IS ou IR : quel régime fiscal pour votre société.
L’ARCE : 60 % de vos droits en capital — et la réforme 2026 de l’ACRE
Deuxième option : renoncer au versement mensuel et demander l’ARCE. Pour les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat de travail à compter du 1ᵉʳ juillet 2023, elle représente 60 % du capital de droits ARE restants à la date de début d’activité, minoré d’une déduction de 3 % au titre du financement des retraites complémentaires (France Travail — l’ARCE).
L’exemple officiel de France Travail donne l’ordre de grandeur : un droit de 40 € par jour sur 548 jours, une création après 30 jours indemnisés, donc un reliquat de 518 jours → capital = (40 × 518) × 0,60 = 12 432 €, soit 12 059 € après la déduction de 3 %.
Le versement se fait en deux fois : la moitié quand toutes les conditions sont réunies (d’éventuels différés d’indemnisation peuvent s’appliquer), la seconde moitié 6 mois après, à condition d’exercer toujours l’activité — et, pour les activités créées à compter du 1ᵉʳ avril 2025, de ne pas être en CDI à temps plein. Point de vigilance trésorerie : l’ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS et elle est imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie traitements et salaires. Le montant qui arrive sur le compte n’est pas un montant net d’impôt.
Trois conditions — dont l’ACRE, qui a changé en 2026
Pour obtenir l’ARCE, trois conditions cumulatives : avoir créé ou repris l’entreprise en France après la fin du contrat de travail (et au plus tôt à compter de votre inscription comme demandeur d’emploi — l’inscription doit précéder la création), bénéficier de l’ARE, et bénéficier de l’ACRE. Les justificatifs demandés : l’attestation d’admission à l’ACRE et le justificatif d’immatriculation (extrait Kbis ou synthèse du guichet unique INPI).
Et c’est là qu’intervient la réforme 2026, souvent méconnue : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’ACRE n’est plus accordée automatiquement, pour personne. Elle doit être demandée à l’Urssaf dans les 60 jours suivant la date de début d’activité, justificatif de création du guichet unique à l’appui, avec un formulaire dédié pour les mandataires sociaux — dont le président de SASU (Urssaf — ACRE : nouvelles règles et démarches ; fiche ACRE F11677). Autre point à connaître : l’exonération est partielle et représente 25 % des cotisations concernées (maladie, maternité, retraite de base, invalidité-décès, allocations familiales) pendant 12 mois, lorsque le revenu ne dépasse pas 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, avec une exonération dégressive au-delà et nulle à partir de 100 % du plafond (fiche ACRE F11677, vérifiée au 1ᵉʳ juillet 2026). Elle n’est pas renouvelable si vous en avez bénéficié dans les 3 années précédentes.
La conséquence pratique est lourde : rater le délai de 60 jours pour demander l’ACRE, c’est se fermer l’accès à l’ARCE. Si vous envisagez l’option capital, la demande d’ACRE devient l’une des toutes premières formalités post-immatriculation.
ARE maintenue ou ARCE : comment choisir ?
Il n’y a pas de « bonne » réponse universelle — il y a votre projet, votre trésorerie et votre fiscalité. France Travail lui-même propose une grille de lecture dans son guide 2026 (ARE, ARCE, ACRE : créer son entreprise) :
- Le maintien de l’ARE a du sens si votre démarrage sera progressif, avec des revenus faibles ou incertains au début ; si vous avez besoin d’un filet de sécurité mensuel ; si votre projet demande peu d’investissement initial ; ou si votre tranche d’imposition est élevée (l’ARCE, imposable, serait lourdement taxée). Atout supplémentaire : les jours non consommés reportent la fin de vos droits, et le maintien valide vos trimestres de retraite de base — ce que l’ARCE ne fait pas.
- L’ARCE a du sens si votre projet exige un capital immédiat (équipements, stock, local) ; si vous anticipez des revenus rapides qui réduiraient de toute façon votre ARE mensuelle à peu de chose ; si vous souhaitez couper le lien administratif avec France Travail (plus d’actualisation mensuelle) ; ou si votre tranche d’imposition est faible.
Gardez deux choses en tête avant de signer. D’abord, le choix est exclusif : opter pour l’ARCE, c’est renoncer au cumul mensuel pour cette création. Ensuite, il n’est pas totalement sans retour : en cas de cessation d’activité, vous pouvez récupérer les droits non versés (environ 40 % du reliquat) en vous réinscrivant comme demandeur d’emploi — avec, si le second versement a eu lieu, un différé égal à son montant brut divisé par votre allocation journalière brute.
Chaque situation a ses paramètres (montant du reliquat, date d’ouverture des droits, projet de rémunération, dividendes envisagés) : avant de trancher, faites chiffrer les deux scénarios par votre conseiller France Travail. C’est gratuit, et cela évite les choix irréversibles mal informés.
Vos obligations : déclarer, s’actualiser, justifier
Le cumul ARE + SASU n’est pas un dispositif « automatique » : il repose sur vos déclarations. Trois réflexes à installer dès la création (France Travail — reprise d’une activité non salariée) :
- Déclarer la création. Signalez le démarrage de votre activité à France Travail et transmettez à votre conseiller le certificat du guichet unique INPI (« Synthèse — version définitive — formalité validée »).
- Vous actualiser chaque mois, entre le 28 du mois (le 26 en février) et le 15 du mois suivant : nombre d’heures estimé, montant des revenus soumis à cotisations sociales avant abattement — 0 si vous n’avez rien perçu, case laissée vide si votre rémunération relève d’une justification trimestrielle ou annuelle — et confirmation que vous restez inscrit.
- Transmettre les justificatifs demandés selon votre situation (déclarations à l’administration fiscale, attestation Urssaf, avis d’imposition détaillé…), via votre espace personnel (« Mes échanges avec France Travail » → « Transmettre un document ») ou par courrier.
Prenez ces obligations au sérieux : une omission ou une fausse déclaration expose au remboursement des allocations versées à tort, à la radiation de la liste des demandeurs d’emploi, à la suppression partielle ou totale de l’allocation, voire à des pénalités administratives. En cas d’erreur de bonne foi, vous pouvez corriger votre déclaration jusqu’à la fin de la période d’actualisation, auprès de votre conseiller ou au 3949.
Et à la fin du parcours ? Report, reprise, rechargement
Trois questions reviennent systématiquement sur la fin de droits — voici ce que disent les textes.
Les jours non consommés sont-ils perdus ? Non : les jours non indemnisés grâce à vos revenus d’activité décalent d’autant la date de fin de vos droits. Mais ce report n’est pas illimité : il s’exerce dans la limite du délai de déchéance, soit 3 ans à compter de la date à laquelle les conditions d’ouverture (ou de rechargement) de vos droits sont réunies, auxquels s’ajoute la durée totale du droit initial (Unédic — droits rechargeables). Au-delà, la reprise du versement des droits ne peut plus être demandée.
Mon mandat de président me redonnera-t-il des droits ? Non. Le rechargement des droits suppose une reprise d’activité salariée — au moins 130 jours travaillés ou 910 heures depuis la précédente ouverture de droits (Unédic — droits rechargeables). Le mandat social de président de SASU, exclu de l’assurance chômage (hors contrat de travail distinct reconnu), ne recharge pas vos droits ARE. C’est un paramètre à intégrer dans votre plan B.
Et si j’arrête ? En cas de cessation (ou de mise en sommeil) de l’activité en cours de cumul, la reprise du versement des droits restants est possible (Unédic). Après une ARCE, la récupération des droits non versés passe par la cessation d’activité et la réinscription, avec le différé évoqué plus haut. Et si vous n’êtes plus couvert par l’ARE, l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) peut, sous conditions strictes (au moins 2 ans d’activité, cessation involontaire…), constituer un dernier filet.
Et Fiscora dans tout ça ?
Soyons clairs : Fiscora ne gère pas vos droits au chômage — c’est le terrain de France Travail et de votre conseiller. En revanche, une fois votre SASU lancée, tout ce que vous devez déclarer et justifier repose sur une comptabilité tenue proprement. C’est exactement notre métier : Fiscora tient la comptabilité de votre société au quotidien, suit votre chiffre d’affaires, votre TVA et votre résultat, et garde la trace noire sur blanc de vos flux — rémunération versée (ou non) et dividendes distribués (ou non). Le jour où France Travail vous demande un justificatif, ou le jour où vous arbitrez entre vous rémunérer et différer une distribution, vous décidez sur la base de chiffres à jour, pas d’estimations.
FAQ — Cumul ARE et SASU : vos questions
Puis-je toucher l’intégralité de mon chômage en créant une SASU sans me rémunérer ?
Oui, sur le montant mensuel : la fiche officielle SASU confirme que le président qui ne perçoit aucune rémunération au titre de son mandat peut continuer à percevoir son ARE. Il faut rester inscrit comme demandeur d’emploi, s’actualiser chaque mois en déclarant 0 € de revenus, et fournir les justificatifs de rémunération demandés par France Travail — en pratique, pour une société à l’IS, la décision de l’associé unique fixant la rémunération, y compris nulle. Attention toutefois : pour les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat à compter du 1ᵉʳ avril 2025, le cumul reste plafonné à 60 % du reliquat de droits, même sans rémunération.
Les dividendes de ma SASU réduisent-ils mon allocation chômage ?
Non, pas le montant mensuel : en SASU, les dividendes sont des revenus de capitaux mobiliers, non soumis à cotisations sociales, et ils ne modifient pas le calcul de l’ARE — contrairement à l’EURL, où ils sont pris en compte. Mais ils ont un effet indirect majeur depuis la réforme : pour obtenir de l’instance paritaire régionale la poursuite du versement sur les 40 % de droits restants après le plafond de 60 %, il faut attester n’avoir perçu aucun revenu d’activité, dividendes inclus, depuis la création. Distribuer des dividendes ferme donc cette possibilité.
Qu’est-ce qui est le plus avantageux : garder l’ARE ou prendre l’ARCE ?
Cela dépend de votre projet, et le choix est exclusif. Le maintien de l’ARE offre un filet de sécurité mensuel, reporte la fin de droits grâce aux jours non consommés et valide des trimestres de retraite de base — pertinent pour un démarrage progressif. L’ARCE verse immédiatement 60 % de votre reliquat en capital (moins 3 %), en deux fois à 6 mois d’intervalle — pertinent si votre projet exige un investissement de départ ou si vos revenus décolleront vite ; mais elle est imposable à l’impôt sur le revenu et suppose d’avoir obtenu l’ACRE. Avant de trancher, faites chiffrer les deux scénarios par votre conseiller France Travail.
La demande d’ACRE est-elle encore automatique en 2026 ?
Non. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’ACRE doit être demandée à l’Urssaf par tous les créateurs — président de SASU compris, via un formulaire dédié aux mandataires sociaux — dans les 60 jours suivant la date de début d’activité, avec le justificatif de création du guichet unique. L’exonération, elle, est partielle : elle représente 25 % des cotisations concernées pendant 12 mois, sous conditions de revenu, et elle n’est pas accordée si vous en avez déjà bénéficié dans les 3 années précédentes. Point crucial : sans ACRE, pas d’ARCE — ne laissez pas passer le délai.
Mon mandat de président de SASU m’ouvrira-t-il de nouveaux droits au chômage ?
Non, en principe : le président associé unique d’une SAS figure parmi les dirigeants exclus de l’assurance chômage, et le rechargement des droits suppose une activité salariée (au moins 130 jours ou 910 heures travaillés). Seul un véritable contrat de travail distinct du mandat — tâches techniques, rémunération distincte, lien de subordination — pourrait ouvrir des droits, et vous pouvez demander à France Travail de vérifier votre situation via son service en ligne dédié sur Démarches simplifiées (formulaire réservé aux mandataires sociaux inscrits comme demandeurs d’emploi). En cas d’échec du projet, la reprise des droits restants (dans la limite du délai de déchéance) ou, sous conditions, l’allocation des travailleurs indépendants constituent les filets de sécurité.
Sources officielles consultées
- France Travail — Je crée ou je reprends une entreprise — maintien de l’ARE, plafond de 60 % du reliquat, saisine de l’IPR.
- Unédic — Cumul allocation et salaire — formule de calcul, plafond SJR × 30,42, avances et régularisations, condition « aucun revenu y compris dividendes ».
- France Travail — L’ARCE — montant, conditions, versements, fiscalité, reprise des droits.
- France Travail — ARE, ARCE, ACRE : créer son entreprise (guide 2026) — critères de choix ARE/ARCE.
- France Travail — Reprise d’une activité non salariée — actualisation mensuelle, justificatifs, sanctions.
- France Travail — Je suis dirigeant(e) d’entreprise ou je crée une entreprise — mandats sociaux exclus de l’assurance chômage, demande de vérification de situation.
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Fiche SASU (F37383) — président non rémunéré et ARE, dividendes, protection sociale.
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Fiche ACRE (F11677) — demande obligatoire depuis 2026, délai de 60 jours, montant de l’exonération (25 %, 12 mois), conditions.
- Urssaf — ACRE : nouvelles règles et démarches — réforme 2026 de la demande d’ACRE.
- economie.gouv.fr — Entrepreneur : avez-vous droit à l’allocation chômage ? — conditions du cumul, plafond du salaire de référence.
- Unédic — Droits rechargeables — conditions du rechargement (activité salariée), délai de déchéance.
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