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SASU ou EURL : comparatif fiscal et social 2026

SASU ou EURL en 2026 : statut social du dirigeant, impôt sur les sociétés, dividendes et flat tax à 31,4 %, protection sociale, conjoint collaborateur. Le comparatif complet, chiffre par chiffre, pour choisir la forme juridique adaptée à votre projet quand vous vous lancez seul.

Deux chemins de création d'entreprise, SASU et EURL, comparés côte à côte

En bref — SASU et EURL sont deux sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée, aux formalités quasi identiques : la vraie différence se joue sur le statut social du dirigeant et sur le sort des dividendes. En SASU, le président est assimilé salarié : aucune cotisation n’est due s’il ne se verse rien, sa rémunération coûte cher (ordre de grandeur : environ 62 % du brut de cotisations, selon Bpifrance Création), mais ses dividendes échappent aux cotisations sociales et supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026). En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié : sa rémunération coûte nettement moins cher (ordre de grandeur : environ 45 % du net), mais des cotisations minimales restent dues même sans revenu, et la fraction de dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d’émission et du compte courant est réintégrée dans l’assiette des cotisations. Il n’y a pas de gagnant universel : tout dépend de votre niveau de rémunération, de votre stratégie de distribution et de la protection sociale que vous visez.

✍️ Par Laëtitia Dubreuil, Community Manager — Fiscora « Le blog des entrepreneurs sereins et avertis. » Article relu par le Comité éditorial Fiscora.

Sommaire

SASU et EURL : deux sociétés unipersonnelles

Vous vous lancez seul et vous voulez créer une société — pas une micro-entreprise. Deux formes s’offrent à vous : la SASU (société par actions simplifiée à associé unique) et l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, c’est-à-dire une SARL avec un seul associé).

Commençons par ce qui les rapproche, parce que c’est beaucoup plus que ce qu’on croit :

  • Responsabilité limitée aux apports dans les deux cas. Votre patrimoine personnel est protégé, sauf faute de gestion ou caution personnelle.
  • Capital social librement fixé : un euro suffit juridiquement (même si un capital symbolique reste une mauvaise idée face aux banques et aux clients — et, on le verra, il peut vous coûter un avantage fiscal).
  • Formalités et coût de création similaires, avec une immatriculation via le Guichet unique de l’INPI dans les deux cas.
  • Obligations comptables identiques : comptabilité d’engagement, comptes annuels approuvés dans les six mois de la clôture, puis déposés au greffe dans le mois qui suit l’approbation.

Autrement dit : la question « SASU ou EURL ? » n’est ni une question de protection du patrimoine, ni une question de complexité administrative. C’est une question de statut social du dirigeant, de fiscalité et de stratégie de rémunération. Si vous hésitez encore entre société et micro-entreprise, commencez plutôt par notre guide pour créer son entreprise en 2026 : la comparaison ci-dessous n’a de sens qu’une fois ce premier choix tranché.

Le dirigeant et la nature du capital

Première différence structurelle : qui dirige, et sous quel titre.

En SASU, le dirigeant s’appelle le président. Particularité rare : ce président peut être une personne morale — une autre société, typiquement une holding. C’est une souplesse précieuse pour les montages de groupe.

En EURL, le dirigeant s’appelle le gérant et doit obligatoirement être une personne physique. Le gérant peut être l’associé unique lui-même (le cas de loin le plus fréquent) ou un tiers.

Deuxième différence structurelle : la nature des titres. Le capital d’une SASU est divisé en actions, celui d’une EURL en parts sociales. Cela paraît anodin, mais la conséquence est très concrète le jour où vous vendez :

  • Cession d’actions (SASU) : droits d’enregistrement de 0,10 % du prix de cession.
  • Cession de parts sociales (EURL) : droits d’enregistrement de 3 %, après application d’un abattement.

Sur une cession à 200 000 €, l’écart n’est pas cosmétique. Si votre horizon est la revente ou l’entrée d’investisseurs, la SASU part avec une longueur d’avance — c’est d’ailleurs pour cette raison que la quasi-totalité des start-up choisissent la forme SAS.

Troisième différence, liée : la liberté statutaire. En EURL, la loi encadre le fonctionnement de la société et l’administration propose des statuts types gratuits — pratique, rassurant, mais rigide. En SASU, la liberté statutaire est quasi totale : vous organisez la gouvernance comme vous l’entendez, ce qui implique de rédiger vos statuts sur mesure. C’est un avantage si vous savez ce que vous faites, un risque sinon. Nous détaillons les clauses qui comptent dans notre article dédié aux statuts de SASU.

Statut social du dirigeant : le cœur du sujet

C’est ici que tout se joue. Si vous ne deviez retenir qu’une seule section de cet article, ce serait celle-ci.

Le président de SASU est assimilé salarié

Le président de SASU rémunéré relève du régime général de la Sécurité sociale et cotise à la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Il est « assimilé salarié » : il a une fiche de paie, ses cotisations ressemblent à celles d’un cadre, mais il n’a pas de contrat de travail (et donc pas d’assurance chômage — nous y revenons).

La conséquence la plus importante — et la plus mal comprise :

S’il ne se verse aucune rémunération, aucune cotisation n’est due. Zéro rémunération, zéro cotisation.

C’est un avantage de trésorerie majeur en phase de démarrage. Mais attention à la contrepartie, systématiquement passée sous silence : zéro cotisation, c’est aussi zéro protection sociale acquise. Pas de trimestres de retraite validés au titre de la société, pas d’indemnités journalières ouvertes par cette activité. Le président non rémunéré n’est correctement couvert que s’il tire ses droits d’ailleurs : un emploi salarié en parallèle, une indemnisation chômage en cours, ou des droits déjà constitués.

Le gérant associé unique d’EURL est travailleur non salarié

Le gérant qui est aussi l’associé unique de l’EURL est un travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Et là, la logique s’inverse :

Des cotisations minimales sont dues même en l’absence totale de rémunération.

Ces cotisations forfaitaires ne sont pas symboliques : c’est une sortie de trésorerie que vous devrez assumer dès la première année, même si votre société ne vous verse rien. En contrepartie, elles ne sont pas perdues : elles ouvrent des droits, et permettent notamment de valider trois trimestres de retraite par an. Les montants exacts évoluent chaque année ; consultez directement l’URSSAF pour les chiffres applicables à votre situation.

C’est le contraste majeur entre les deux formes. Retenez-le ainsi : la SASU ne vous coûte rien tant que vous ne vous payez pas, mais ne vous protège pas non plus ; l’EURL vous coûte un plancher dès le premier jour, mais vous construit des droits en échange.

Le coût de la rémunération, en ordres de grandeur

Quand vous commencez à vous verser un salaire, le rapport de force s’inverse. Voici les ordres de grandeur publiés par Bpifrance Création — ce ne sont pas des taux légaux, mais des repères de raisonnement, à ajuster à votre situation réelle :

  • Gérant TNS d’EURL : les cotisations représentent environ 45 % de la rémunération nette.
  • Président assimilé salarié de SASU : les cotisations (salariales et patronales cumulées) représentent environ 62 % du brut, soit approximativement 78 % du net.

Sur une même rémunération nette, l’écart de coût pour l’entreprise est donc considérable — de l’ordre du simple au double sur la part « cotisations ». Pour un dirigeant qui compte se verser un vrai salaire tous les mois, l’EURL est nettement moins chère.

Aucun des deux ne donne droit au chômage

Ni le président de SASU, ni le gérant d’EURL ne cotisent à l’assurance chômage — le premier parce qu’il n’a pas de contrat de travail, le second parce qu’il est indépendant. C’est un mythe tenace : être assimilé salarié n’ouvre pas de droits Pôle emploi. Dans les deux cas, la seule option reste une assurance chômage volontaire, souscrite à titre privé.

Une protection sociale globalement similaire, avec deux vraies différences

On entend souvent que « le régime général protège mieux ». C’est, en 2026, largement dépassé. Les remboursements de soins sont identiques, les prestations familiales aussi, la retraite de base des indépendants est alignée sur celle des salariés, et les deux régimes comportent une retraite complémentaire obligatoire.

Il reste néanmoins deux différences réelles, qu’il faut connaître :

  1. Les accidents du travail sont couverts pour le président de SASU (régime général), pas pour le gérant TNS d’EURL. Si votre activité comporte un risque physique, ce point pèse lourd — ou impose une prévoyance privée.
  2. Les indemnités journalières obéissent à des conditions d’ouverture différentes (durée d’affiliation, revenus de référence, délai de carence). Les deux régimes en versent, mais pas selon les mêmes règles.

Fiscalité : IS, IR et taux réduit

Le deuxième grand axe de comparaison, c’est le régime d’imposition des bénéfices. Là encore, les deux formes partent de points opposés.

SASU : impôt sur les sociétés de plein droit

La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Une option pour l’impôt sur le revenu est possible, mais elle est étroitement encadrée :

  • la société doit avoir moins de cinq ans ;
  • l’option vaut pour cinq exercices au maximum, et elle n’est pas renouvelable ;
  • conditions cumulatives : moins de 50 salariés, chiffre d’affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d’euros, société non cotée, capital détenu majoritairement par des personnes physiques.

C’est donc une fenêtre temporaire, utile pour imputer des déficits de démarrage sur le revenu global du foyer — pas un régime durable.

EURL : impôt sur le revenu de plein droit

L’EURL dont l’associé unique est une personne physique est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu : le bénéfice est imposé directement entre vos mains, en BIC ou en BNC selon la nature de l’activité.

Une option pour l’IS est possible, y compris dès la rédaction des statuts. Point de vigilance important : cette option est révocable jusqu’au cinquième exercice suivant celui au titre duquel elle a été exercée. Passé ce délai, elle devient irrévocable. Autrement dit, vous avez une fenêtre pour faire marche arrière — après, c’est définitif.

Les taux d’IS applicables en 2026

Quand la société est à l’IS (par défaut en SASU, sur option en EURL), les taux sont les mêmes des deux côtés :

  • 25 % : taux normal.
  • 15 % : taux réduit sur les 42 500 premiers euros de bénéfice.

Le taux réduit n’est pas automatique. Il suppose trois conditions cumulatives :

  1. un chiffre d’affaires hors taxes inférieur à 10 millions d’euros ;
  2. un capital entièrement libéré ;
  3. un capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Retenez bien la deuxième condition : nous y revenons dans la section « pièges », car c’est là que beaucoup de créateurs se font piéger sans le savoir.

Dividendes : le point de bascule

Vous avez un bénéfice après impôt et vous voulez vous le distribuer. C’est ici que SASU et EURL divergent le plus radicalement.

En SASU : les dividendes échappent aux cotisations sociales

Les dividendes versés au président de SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax ».

Et voici le chiffre qu’il faut absolument mettre à jour dans votre tête :

Depuis le 1er janvier 2026, le PFU s’élève à 31,4 %, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux — le taux des prélèvements sociaux ayant été relevé à cette occasion.

Beaucoup d’articles et de simulateurs affichent encore un taux global périmé. Si vous voyez un chiffre plus bas, la source n’est pas à jour.

Vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la place du PFU : dans ce cas, un abattement de 40 % s’applique sur le dividende brut, et une fraction de la CSG devient déductible. Cette option est globale pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année : elle est intéressante si votre taux marginal d’imposition est faible, défavorable s’il est élevé.

En EURL à l’IS : la règle des 10 % change tout

En EURL soumise à l’IS, la fraction des dividendes supérieure à 10 % d’un socle composé du capital social + des primes d’émission + des sommes versées en compte courant d’associé est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales TNS.

Concrètement : au-delà de ce seuil de 10 %, vos dividendes sont traités comme de la rémunération pour le calcul des cotisations. L’optimisation « je me verse peu de salaire et beaucoup de dividendes » — qui fonctionne en SASU — est donc largement neutralisée en EURL.

C’est le point de bascule de tout le comparatif. On peut le résumer en une phrase :

SASU : pas de cotisations sans rémunération, mais une rémunération coûteuse et des dividendes protégés. EURL : une rémunération moins coûteuse, mais un plancher de cotisations même sans revenu, et des dividendes rattrapés au-delà de 10 %.

Tableau comparatif SASU / EURL en 2026

CritèreSASUEURL
DirigeantPrésident (personne physique ou morale)Gérant (personne physique obligatoirement)
Statut social du dirigeantAssimilé salarié — régime général + Agirc-ArrcoTravailleur non salarié (TNS) — Sécurité sociale des indépendants
Cotisations sans rémunérationAucune (mais aucun droit acquis)Cotisations minimales dues (valident notamment 3 trimestres de retraite/an)
Ordre de grandeur des cotisations (source : Bpifrance Création)62 % du brut (≈ 78 % du net)45 % de la rémunération nette
Régime fiscal par défautIS de plein droitIR de plein droit (BIC ou BNC)
Option possibleIR, si société < 5 ans, pour 5 exercices max., non renouvelableIS, possible dès les statuts ; révocable jusqu’au 5ᵉ exercice suivant, puis irrévocable
Taux d’IS 202625 % ; 15 % sur les 42 500 premiers € (CA < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à ≥ 75 % par des personnes physiques)Identique (si option IS)
Dividendes et cotisations socialesNon soumis aux cotisations sociales — PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) ou barème sur optionFraction > 10 % du (capital + primes d’émission + compte courant) soumise aux cotisations TNS
Assurance chômageNon (assurance volontaire possible)Non (assurance volontaire possible)
Accidents du travailCouvertsNon couverts pour le gérant TNS
Conjoint collaborateurImpossiblePossible
Cumul avec la micro-entreprisePossibleImpossible
Libération du capital à la constitution50 % minimum (solde sous 5 ans)20 % minimum (solde sous 5 ans)
Cession des titresActions — droits d’enregistrement 0,10 %Parts sociales — droits d’enregistrement 3 % (après abattement)
StatutsLiberté statutaire quasi totale (rédaction sur mesure)Encadrés par la loi — statuts types gratuits disponibles
ACREOui — exonération partielle de cotisations pendant 12 moisOui — exonération partielle de cotisations pendant 12 mois

Les critères pratiques qui font souvent la différence

Au-delà du social et du fiscal, quatre points concrets tranchent régulièrement le débat.

Le conjoint collaborateur : possible en EURL, impossible en SASU

Si votre conjoint participe régulièrement et sans rémunération à l’activité, le statut de conjoint collaborateur lui permet d’être protégé et de se constituer des droits à retraite à moindre coût. Ce statut est ouvert en EURL et fermé en SASU. Pour un couple d’artisans ou de commerçants, c’est souvent l’argument décisif.

Le cumul avec une micro-entreprise : possible en SASU, impossible en EURL

À l’inverse, si vous voulez conserver une activité en micro-entreprise à côté de votre société, la SASU le permet et l’EURL non. Un consultant qui garde une activité annexe en micro y trouvera son compte.

L’ACRE, dans les deux cas

L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) est ouverte aux dirigeants de SASU comme d’EURL : exonération partielle de cotisations sociales pendant douze mois. Barèmes et conditions d’éligibilité évoluent — vérifiez-les sur le site de l’URSSAF avant de bâtir votre trésorerie dessus.

L’horizon du projet

Où voulez-vous être dans cinq ans ? Si vous visez une levée de fonds, l’entrée d’associés ou une revente, la SASU est faite pour ça : actions, liberté statutaire, droits de cession à 0,10 %, président personne morale possible. Si vous construisez une activité de long terme, seul, avec une rémunération régulière et sans ambition capitalistique, l’EURL coûte moins cher et vous protège correctement.

Deux pièges rarement signalés

Piège n° 1 — La flat tax n’est plus au taux que vous croyez

Le PFU est passé à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Si vous avez construit votre stratégie de rémunération sur un tableur trouvé en ligne ou un simulateur non mis à jour, votre arbitrage salaire / dividendes en SASU est faussé. Refaites le calcul avec 31,4 % : sur 30 000 € de dividendes, chaque point de taux représente 300 €.

Piège n° 2 — Libérer le minimum de capital peut vous priver du taux réduit d’IS

Le taux réduit d’IS à 15 % exige un capital entièrement libéré. Or la loi vous autorise à n’en libérer qu’une fraction à la constitution : 20 % minimum en EURL, 50 % minimum en SASU, le solde étant versé dans les cinq ans.

Beaucoup de créateurs, par prudence de trésorerie, libèrent le strict minimum — puis découvrent qu’ils ne remplissent pas la condition et passent à côté du taux à 15 % sur leurs 42 500 premiers euros de bénéfice. L’écart entre 15 % et 25 % sur cette tranche représente jusqu’à 4 250 € d’impôt supplémentaire par exercice.

Le réflexe à avoir : si vous anticipez un bénéfice dès les premiers exercices, libérez intégralement votre capital — quitte à choisir un capital modeste mais entièrement versé, plutôt qu’un capital affiché élevé et partiellement libéré.

Comment décider concrètement

Il n’y a pas de gagnant universel. Toute personne qui vous affirme « la SASU, c’est mieux » ou « prenez une EURL » sans connaître vos chiffres vous vend une opinion, pas un conseil. Le choix dépend de trois variables, et de trois seulement :

  1. Votre niveau de rémunération. Peu ou rien la première année ? La SASU ne vous coûte aucune cotisation, l’EURL vous impose un plancher. Un vrai salaire dès le départ ? L’EURL est nettement moins chère.
  2. Votre stratégie de distribution. Des dividendes réguliers ? La SASU les protège des cotisations sociales (PFU de 31,4 %). En EURL, tout ce qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et du compte courant est rattrapé par les cotisations TNS.
  3. La protection sociale visée. Accidents du travail couverts et régime général classique ? SASU. Coût de cotisation faible et régime des indépendants assumé ? EURL.

Le bon réflexe : chiffrez votre cas. Prenez votre prévisionnel, projetez deux scénarios (rémunération seule ; rémunération réduite + dividendes) et comparez le coût total pour chaque forme. Si l’enjeu est significatif — plusieurs dizaines de milliers d’euros de bénéfice attendus, un conjoint impliqué, une revente envisagée —, faites-vous accompagner par un expert-comptable. Une heure de conseil coûte infiniment moins cher qu’une erreur de forme juridique que vous traînerez cinq ans.

Et si votre choix se porte sur la SASU, notre guide pas à pas pour créer une SASU en 2026 vous emmène de la rédaction des statuts à l’immatriculation.

FAQ — SASU ou EURL

Puis-je passer d’une EURL à une SASU (ou l’inverse) plus tard ?

Oui : c’est une transformation de société, décidée par l’associé unique. Ce n’est ni gratuit ni instantané (modification des statuts, formalités, changement de régime social du dirigeant), mais ce n’est pas un aller sans retour. Cela dit, changer de forme coûte du temps et de l’argent : mieux vaut chiffrer sérieusement en amont que de « corriger » deux ans plus tard.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Il est assimilé salarié pour la Sécurité sociale, mais il ne cotise pas à l’assurance chômage et n’ouvre donc aucun droit à ce titre. Idem pour le gérant d’EURL. Dans les deux cas, la seule solution est une assurance chômage volontaire souscrite à titre privé.

En SASU, si je ne me verse rien, je ne paie vraiment aucune cotisation ?

Exact : sans rémunération, aucune cotisation sociale n’est due par le président de SASU. Mais soyez lucide sur la contrepartie : vous n’acquérez aucun droit — ni trimestre de retraite au titre de la société, ni indemnités journalières. Cette situation n’est confortable que si vous êtes couvert par ailleurs (emploi salarié, indemnisation chômage en cours, droits déjà constitués).

En EURL, dois-je payer des cotisations même si mon activité ne dégage rien ?

Oui. Le gérant associé unique d’EURL est travailleur non salarié : des cotisations minimales sont dues même sans rémunération. Elles ne sont pas perdues — elles valident notamment trois trimestres de retraite par an — mais elles constituent une sortie de trésorerie à anticiper dès le premier exercice. Les montants applicables sont publiés par l’URSSAF.

Quelle forme est la meilleure pour se verser des dividendes ?

La SASU, sur ce critère précis : les dividendes du président ne sont pas soumis aux cotisations sociales et supportent le PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec une option possible pour le barème progressif (abattement de 40 %). En EURL à l’IS, la fraction dépassant 10 % du capital, des primes d’émission et du compte courant d’associé est réintégrée dans l’assiette des cotisations TNS — ce qui neutralise en grande partie l’intérêt de l’opération.

La SASU est-elle plus chère à créer que l’EURL ?

Non : formalités et coûts de création sont similaires, et l’immatriculation passe par le Guichet unique de l’INPI dans les deux cas. La seule vraie différence de départ tient aux statuts : l’EURL bénéficie de statuts types gratuits, la SASU suppose une rédaction sur mesure (donc, souvent, un accompagnement). L’écart de coût réel se joue ensuite sur les cotisations, pas sur la création.

Sources officielles consultées

  • Bpifrance Création — Comparaison EURL / SASU ; régime fiscal et social des dividendes ; ordres de grandeur des cotisations du dirigeant.
  • entreprendre.service-public.fr — Fiches « SASU » et « EURL » : statut du dirigeant, capital, comptes annuels, formalités.
  • economie.gouv.fr — Impôt sur les sociétés : taux normal et taux réduit applicables en 2026.
  • urssaf.fr — Cotisations des travailleurs indépendants, cotisations minimales, ACRE.
  • Guichet unique — INPI — Immatriculation des sociétés.

Choisir sa forme juridique, c’est une décision. La tenir au quotidien, c’est un métier. Fiscora suit vos écritures, vos échéances fiscales et votre trésorerie, que vous soyez en SASU ou en EURL — sans que vous ayez à devenir comptable. Essayez Fiscora gratuitement pendant 14 jours.

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